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Le dressage est une discipline essentielle puisqu’elle éprouve la
qualité de la communication entre le cheval et son cavalier. C’est la
première discipline pratiquée par le débutant qui devra tout au long de
sa vie de cavalier affiner ses gestes et attitudes pour obtenir une
attention optimum de sa monture. Les compétitions de dressage
constituent l’évaluation de cette progression et permettent aux
cavaliers de tous niveaux de faire la démonstration de cette entente.
Une épreuve de dressage met en scène un cavalier et
son cheval. Le couple évolue sur un terrain rectangulaire de 60m sur 20
et exécute une série de figures appartenant à un programme imposé ou
libre et en musique : la reprise.
Ces figures s’effectuent à un endroit précis et à
l’allure demandée. Pour aider le cavalier à prendre des repères et
déclencher l’exécution des figures, des lettres sont disposées tout
autour de la carrière.
QUELQUES MOTS DU DRESSAGE
La volte : cercle régulier tangent à la piste
Le changement de pied : le cheval inverse son galop pendant
la phase de suspension sans rupture de cadence Le piaffer : c’est un trot sur place rond, relevé et
majestueux La pirouette : le cheval décrit un cercle autour de son
arrière main Le passage : il s’agit d’un trot relevé d’une très grande
lenteur avec un temps de suspension très soutenu. L’appuyer : c’est un exercice effectué sur deux pistes dans
lequel le cheval se déplace latéralement et croise ses membres
Le jury évalue l’aisance et la fluidité dans le
déroulement du programme ainsi que la discrétion du cavalier lorsqu’il
communique ses ordres à sa monture. La précision de l’exécution, la
soumission du cheval, la qualité des allures, l’impulsion et la position
du cavalier en selle sont également appréciées et une note allant de 1 à
10 est donnée pour chaque figure.
Lors d’une reprise, le cavalier peut être amené à
exécuter des figures simples telles que la volte, et la demi-volte et
des figures plus complexes comme le passage ou le changement de pied.
Ces dernières, réservées aux épreuves de haut niveau, demande au cheval
une concentration et une soumission sans faille.
Le dressage est plus souvent comparé à un art qu’à un
sport tant la recherche esthétique du mouvement domine. D’ailleurs, tout
tend à la perfection jusqu’à la tenue irréprochable des cavaliers de
dressage qui arborent dans les épreuves les plus prestigieuses un frac
et le chapeau haut-de-forme.
BASSE ECOLE
La basse école est une première étape durant laquelle la soumission
complète du cheval est recherchée ainsi que l’exécution parfaite
d’exercices ou « airs » aux allures naturelles.
Le travail de basse école développe chez le cheval un équilibre, une
souplesse et une musculature qui l’amèneront naturellement aux airs
de haute école.
On ne peut évoquer le dressage sans parler des
Reprises Libres en Musique qui permettent aux cavaliers de s’exprimer
librement sur un fond musical. Le public est littéralement fasciné par
ces gracieuses démonstrations où les enjeux de la compétition laissent
place à une véritable invitation au rêve.
Les plus jeunes cavaliers peuvent s’exprimer dans le
cadre de cette discipline avec les mêmes impératifs que pour les
adultes. L’harmonie, la discrétion dans l’emploi des aides, la précision
et la qualité des allures sont recherchées et toutes les tailles de
montures conviennent à l’exercice. Il existe des épreuves par équipe qui
favorisent la créativité et la solidarité entre les cavaliers.
« Rendez le mors doux par la légèreté de la
main »
« Il faut que de son plein gré et au signal donné, le cheval
exécute les mouvements les plus beaux et les plus brillants »
XENOPHON - 391 avant J.C
Un brin d’histoire…
Dès que l’homme monte sur le dos du cheval, il
utilise une gestuelle lui permettant de communiquer avec sa monture à
l’aide de son corps et du harnachement.
Les premiers a avoir entamé une réflexion élaborée
sur le dressage du cheval sont certainement les Grecs de l’Antiquité.
L’un des premiers ouvrages en la matière fut écrit par Xénophon, général
de cavalerie dans l’armée grecque. On retrouve également dans l’Islam
médiéval quelques traités d’hippologie en arabe et en persan jetant les
bases d’un dressage harmonieux.
FEMME CELEBRE
La danoise Liz Hardel fut l’une des premières femmes de la
discipline.
A cheval sur Jubilee et malgré un lourd handicap dû à la polio, elle
obtint la médaille d’argent à
Helsinki en 1952 et à Stockholm en 1956
En Europe, le Moyen-Age voit surtout les hommes
utiliser le cheval comme machine de guerre. Carapaçonné de la tête aux
pieds, il charge l’ennemi, portant sur son dos un chevalier engoncé dans
son armure qui ne peut que serrer les jambes pour avancer et tirer les
rênes pour s’arrêter.
Lorsque les premières armes à feu percent les armures
rendant vulnérables hommes et chevaux, une équitation différente voit le
jour. Il s’agit maintenant d’avoir des montures vives, capables
d’esquiver les attaques et de décocher des coups en direction de
l’ennemi. L’entraînement du cheval de combat devient alors plus élaboré
et l’on retrouve dans certains mouvements de haute école d’aujourd’hui
les traces de cet apprentissage.
Mais c’est surtout dans l’Italie de la Renaissance
que le dressage du cheval atteint son plus haut degré de raffinement.
Les académies de Grisone et Pignatelli développent des exercices de
haute école directement inspirés de l’entraînement au combat à cheval.
L’équitation devient un art qui conquiert la noblesse et les rois. L’art
équestre est considéré comme indispensable dans l’éducation d’un homme
de qualité et à la fin du XVème siècle des académies
d’équitation jalonnent toute l’Europe.
Le dressage est une des trois disciplines équestres présentes aux
Jeux Olympiques avec le Concours Complet d’équitation (C.C.E) et le
concours de saut d’obstacles (C.S.O)
Pendant 200 ans, de grands hommes tels que Pluvinel,
Newcastle ou La Guérinière perfectionnent l’art équestre et mettent à
cheval les plus grands souverains. Au XIXème, une célèbre
querelle d’écuyers oppose D’Aure et Baucher, l’un prônant une équitation
naturelle laissant place à l’instinct du cheval, l’autre une équitation
plus raffinée ou la maîtrise et la soumission totale du cheval sont
recherchées.
Au XXème siècle, l’équitation civile
s’efface au profit des moyens de locomotion modernes, seuls les
militaires continuent à monter à cheval oscillant entre une équitation
de campagne et une pratique savante jetant ainsi les bases des grandes
disciplines équestres d’aujourd’hui tels que le concours complet,
l’endurance et le dressage.
En France, le Cadre Noir de Saumur contribue à
préserver la tradition équestre tout en continuant d’assurer la
formation équestre des officiers de cavalerie et plus tard des cadres
sportifs au sein de l’Ecole Nationale d’Equitation. Les écuyers du cadre
noir sont des cavaliers de dressage émérites mais aussi d’excellents
cavaliers d’extérieur s’exprimant dans toutes les disciplines.
Le dressage fait sa première apparition aux Jeux
Olympiques de Stockholm en 1912. Il s’agit d’un programme simple
incluant une épreuve de saut très inspirée de la tradition militaire.
Les jeux suivants offrent un niveau plus élevé incluant des figures plus
complexes telles que le contre-changement de main au trot et au galop,
le changement de pied au temps. Le piaffer et le passage, mouvements
classiques de haute école, intégrent les programme des reprises à Los
Angeles en 1932.
Jusqu’à la seconde guerre mondiale, les militaires
dominent les épreuves puis les civils s’imposent et parmi eux, de
nombreuses femmes. Aujourd’hui, le dressage a conquis un large public,
les Etats Unis et le Canada présentent des candidats et les reprises
libres en musique, également appelées Kür, apportent à la compétition
une dimension artistique très appréciée du public. |