Vermifugation des Chevaux vivant au Parc

 

Administration des vermifuges :
  • Il faut vermifuger les chevaux 2 jours avant le changement de parc et non au moment de les changer.
    En effet il faut 2 jours pour que le vermifuge fasse son effet sur tout le cheval de la bouche à l'anus et dans tout l’organisme. Entre temps, les chevaux rejettent toujours dans leurs crottins les œufs de parasites qui infestent le parc :
    si on vermifuge au moment de changer de parc, le cheval sera momentanément sain au bout de 2 jours, mais il aura eu le temps de contaminer sa nouvelle pâture par ses crottins. En revanche les produits restent actifs dans l'organisme suffisamment longtemps pour que le cheval ne se réinfeste pas en restant 2 jours dans son ancien parc.
  • Il faut aussi vermifuger en même temps tous les chevaux qui vivent ensemble, sinon ils se ré-infestent réciproquement.
  • Avant d'introduire un nouveau cheval dans un troupeau, on le vermifugera, si possible deux jours avant.
  • L'importance du parasitisme n'est pas la même tout au long de l'année, la plupart des parasites préfèrent les temps doux et humides du printemps ; c'est à l'automne que les grands et petits strongles sont les plus importants, les larves de gastérophiles ne sont présentes qu'à l'automne : les vermifugations doivent être adaptées à ces rythmes.

Gestion des parcs :

  • Les parasites infestent en même temps, sous diverses formes, les chevaux et les pâtures, c'est pourquoi il faut diviser ses parcs de manière à pouvoir changer les chevaux régulièrement de parcelle. La rotation idéale consiste à changer tous les 15 jours de parcelle et à laisser chaque parcelle 3 mois sans chevaux : cela nécessite 7 parcelles par lot de chevaux.
  • Le surpâturage favorise le parasitisme, la densité maximale est d'un cheval par hectare. En conditions naturelles, les chevaux ont des aires de pacage et des aires de défécation bien séparées : si la surface diminue, ce comportement est perturbé. L'augmentation du parasitisme est une fonction exponentielle de la diminution de surface, les zones à crottins contenant environ 15 fois plus de larves que les zones à pâturer.
  • Le ténia et la douve ont besoin de zones humides pour accomplir tout leur cycle, on a donc intérêt à assécher les mares ou en interdire l'accès, drainer les parcs, n'y conserver que les eaux courantes ; comme par ailleurs ces deux parasites sont rares chez le cheval, on ne vermifuge pas systématiquement contre eux.
  • Les larves de strongles sont détruites par exposition au soleil : on a donc intérêt à faucher ou broyer régulièrement les zones de refus.
  • En l'absence de chevaux dans un parc, tous les parasites ont disparu en 2 mois, sauf les ascaris qui résistent 2 ans : les chevaux doivent donc attendre au minimum 2 mois avant de revenir sur la même parcelle, et si on a constaté une infestation aux ascaris, il faut traiter le parc avec un engrais chaulé (cyanamide calcique (300 à 500 kg/ha), mais ce produit est polluant pour l'environnement et très cher).
  • Le fumier doit être stocké au moins un an avant d'être épandu sur des parcelles paturées ou fauchées, sinon il va les infester.
  • Si vous avez l'opportunité d'alterner l'utilisation de vos pâtures avec des bovins, ceux-ci ne sont pas sensibles aux mêmes parasites que les chevaux, cela permet de mieux casser les cycles parasitaires et de décontaminer les pâtures aussi bien qu'une longue période de repos (alternance bovins/équins par périodes de 6 mois) ; le seul parasite commun est trichostrongylus axei, qui est peu pathogène ; la douve n'est retrouvée chez les chevaux que très rarement, uniquement si les parcs contiennent des zones humides, et s'il est partagé en permanence avec des bovins ou ovins. On peut également alterner avec des cultures.

 

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© HippoPlus - dépôt légal février 1999