LE BOULONNAIS

 

Origines

Le Boulonnais est un cheval de gros trait aux allures actives et brillantes. Il est élégant et racé, ce qui le fait désigner souvent comme "le pur sang du cheval de trait".
Cette distinction, il la doit au sang oriental qui est venu à plusieurs époques retremper cette race très ancienne connue sous Henri IV pour son aptitude à la vitesse. En témoigne la création en 1587 des courses de Saint Omer, réunissant exclusivement des Boulonnais chaque premier dimanche de mai, jusqu'en 1789.
Beaucoup d'auteurs font remonter la naissance de la race au passage des armées romaines, rassemblées près de Boulogne par César en 54 av. JC pour embarquer vers l'Angleterre. Deux mille cavaliers remontés sur des chevaux numides (ancêtres du Barbe actuel) originaires d'Afrique du Nord restèrent dans la région et y auraient fait souche en se croisant avec la cavalerie indigène.
Ce sang oriental très marqué chez le Boulonnais a pu, plus sûrement, être introduit à des époques plus récentes comme celle des Croisades, de l'occupation espagnole ou du Premier Empire.
Plus récemment, des étalons Arabes ont été stationnés par les Haras Nationaux dans le berceau de race et utilisés en croisement.


Photo Samuel Dhôte/ENR

Berceau de race

La circonscription de Compiègne regroupe à elle seule actuellement 95 % des élevages dont 75 % dans le département du Pas de Calais, 10 % dans celui du Nord et 10 % dans la Somme.

Le berceau de la race se situe à l'Ouest du département du Pas de Calais, il s'agit de la fosse Boulonnaise, dépression géologique au sous-sol jurassique argileux, riche en phosphate très propice au développement de forts squelettes. C'est le pays de Marquise et de Desvres, aux foires aux poulains fameuses.

Aujourd'hui, l'élevage se déplace vers le Haut-Pays Boulonnais (Haut-Pays d'Artois, collines Guinnoises et Pays de Licques) qui regroupe plus de la moitié des élevages de la race. Ces plateaux crayeux et perméables au climat plus froid donnent des chevaux d'un format plus réduit : c'est le domaine de production des mareyeurs.
En se rapprochant de la frontière belge, c'est le pays de Beaubourg aux chevaux d'une grande ampleur ;
Au sud en zone littorale, la région de Rue continue de perpétuer la tradition d'élevage en produisant des chevaux au fort gabarit.
Le Vimeu au sud d'Abbeville et le pays de Caux autrefois spécialisés dans l'élevage et le dressage des poulains pour l'agriculture, maintiennent aujourd'hui quelques élevages.
De même les petites régions de Bernaville (80), Grandvilliers (60) et Souastre (62) conservent une tradition boulonnaise avec des concours d'élevage.
Récemment se développent un élevage dans l'Oise grâce à des utilisateurs éclairés ainsi qu'en Belgique et des exportations en Allemagne pour le débardage et dans le Sud de la France, la Suisse et le Luxembourg pour le loisir attelé ou monté.