L'ARABE

Les origines de la race

"Après le Déluge, le cheval d'Orient qui ne s'appelait pas encore "Arabe" a été élevé et utilisé en Haute Mésopotamie pour aboutir entre les mains des "Aribi", ces nomades du désert, qui parfois inquiétaient la puissance Assyrienne d'alors.
Une vie très dure, menée sous un climat féroce a forgé le cheval oriental, et plus tard, la Guerre Sainte et la religion musulmane l'ont personnalisé à un point tel qu'il porte le nom du peuple qui l'a sinon fait naître, du moins conservé intact jusqu'à nos jours.
Tout cela est inscrit dans le physique, mais plus encore dans le "psychisme" de l'Arabe, et cette vie courageusement vécue, n'est-ce pas la raison de sa vraie noblesse."
Pierre-Henri Beillard
Juge International de Pur Sang Arabe

"Façonné par les Bédouins d'Arabie, c'est grâce à ses qualités physiques et morales que l'Islam, dont il a été l'auxiliaire, a pu aussi vite conquérir tant de terres. Seigneur des déserts et des steppes, il est devenu, sous nos climats où l'ont introduit les Croisés puis les Turcs, l'améliorateur de nos races et, pour ses éleveurs, le seigneur de leurs prairies."
Barbié de Préaudeau
Ancien Contrôleur Général des Haras Nationaux

[Les chevaux actuels] "sont issus de deux souches, l'une pratique, faite pour la guerre et le travail, l'autre plus sophistiquée, faite pour la parade et les jeux. Leur provenance est unique : les tribus bédouines. Ces différences ont toujours existé et sont toujours présentes aujourd'hui, sinon la race arabe serait éteinte."
P.H. Beillard



Ratzia d'Alauze (Persik x Azia Bint Djebelia par Fawzan)
montée par Denis Pesce, gagnante des 160 km de Florac en 97
ici au km 120 en compagnie de Melfenik (Persik x Belle) SF,
19 ans, Vice-Champion du Monde en 94  (Photo Y. Richardier)

 

Les vieilles lignées françaises

"Les Vieilles Origines françaises connaissent actuellement un grand succès international dû aux victoires que leurs représentants remportent en Course aussi bien en France qu'à l'étranger, à une époque où cette spécialité bien française se répand à travers le monde.
Ces origines ont failli disparaître, d'abord pendant la crise générale qui frappa les chevaux de selle après la dernière guerre, puis, au début du renouveau des années 70, par suite de la suppression temporaire des courses. A cette époque, la plupart des éleveurs français et étrangers recherchaient un cheval plus près du type Oriental, et qui puisse briller en shows. C'était oublier que le cheval Arabe dans son pays d'origine devait être rapide sur les courtes distances et résistant sur les longues.
Aussi, actuellement de nombreux éleveurs et utilisateurs français et étrangers mettent en valeur ces qualités ancestrales, en utilisant leurs chevaux sur les hippodromes et sur les épreuves les plus longues et les plus difficiles des raids équestres d'endurance.
Le cheval Arabe français, façonné pendant des générations dans ce but (courses et opérations militaires) se révèle être un des meilleurs chevaux pour ces utilisations.
Si beaucoup d'amateurs et d'acheteurs français et étrangers le recherchent, bien peu savent qu'il est le produit d'un long et patient travail, réalisé depuis plus de 150 ans, grâce à des importations d'Orientaux choisis sur un certain type dans les meilleures tribus du désert et d'une sélection, basée toujours sur le modèle et l'épreuve.
Bien peu savent aussi que ces origines françaises ont été largement utilisées par plusieurs élevages étrangers à la fin du XIXe et surtout au début du XXe siècle.[…]


Trois étalons […] par eux-mêmes et par leurs familles ont profondément marqué les élevages français et étrangers :

MASSOUD, Oriental, à l'origine de l'élevage Arabe et Anglo-arabe français au début du XIXe siècle ; NEDJARI et DENOUSTE, fils d'Orientaux qui ont eu une grande influence en France et à l'étranger, au cours de la première moitié du Xxe siècle. Bien entendu, de nombreux autres étalons célèbres, Orientaux ou fils d'Orientaux, ont contribué largement à la formation de ces Vieilles Origines françaises. Je citerai entre autres :
TELMESE importé d'Orient en 1908 ;
NORMIZ (1922) par DJEBEL MOUSSA et NEJMAH par BURKEGUY
EL SBAA importé d'Orient en 1925, père de MEAT, né d'une fille de ENWER Or. et de MATUVU, né d'une fille de DAHMAN Or., SUMEYR (1948) par BANGO Or. Et JAMNIA par OUKRIF." […]
S'il y a dans chaque pays, quelques origines dominantes qui les distinguent des autres, il y a eu aussi de nombreuses importations étrangères qui ont fait depuis longtemps du cheval Arabe une race internationale.
Par contre, ce qui distingue de façon plus profonde les différents élevages nationaux, c'est le mode d'élevage et de sélection qui, au cours des générations, marque profondément la morphologie et les aptitudes de leurs produits.
Ceci est particulièrement frappant en ce qui concerne ces Vieilles Origines françaises, élevées depuis bien longtemps à des fins militaires et sélectionnées sur le modèle d'un bon cheval de guerre, ainsi que sur la Course."

P. Pechdo
Ancien Directeur du Haras de Pompadour