GESTION DES ALLURES EN ENDURANCE

 

  • Après les tâtonnements des premières années de l'endurance, on sait aujourd'hui qu'à partir d'une certaine vitesse, l'allure la plus économique est le galop. Au galop, le pied roule sur le sol qu'il aborde par le talon (certains ferrent même avec des fers convexes pour faciliter le roulement) alors qu'au trot il frappe le sol. C'est au galop que les flexions articulaires sont les plus faibles, notamment au niveau du jarret. Ainsi à vitesse égale, le trot use plus que le galop au niveau des membres, et la fréquence cardiaque est plus faible au galop. A haut niveau et sur longue distance, l'allure d'endurance est donc le galop. Certains chevaux font même leur course entièrement au galop, du départ à l'arrivée.


Ratzia d'Alauze (Persik x Azia Bint Djebelia par Fanzan)
montée par Denis Pesce, gagnante des 160 km de Florac en 97
ici au km 120 en compagnie de Melfenik (Persik x Belle) SF,
19 ans, Vice-Champion du Monde en 94  (Photo Y. Richardier)

  • Le trot n'en est pas moins une allure d'endurance, à condition d'en connaître les limites. Il sert d'abord à récupérer après un long temps de galop, et à franchir les dénivelés. En fait, le trot convient à vitesse moyenne (13 à 15 km/h pour un cheval de taille moyenne), dans un geste élastique et relâché. Dès 16 km/h, le cheval se fait mal en trottant, il faut galoper. Au trot le dos est figé, contrairement au galop, les flexions des membres doivent donc être plus importantes pour re-passer les pieds en avant à chaque foulée, alors qu'au galop le mouvement d'ondulation du dos soulève alternativement l'avant et l'arrière-main et permet des flexions moindres au niveau des membres. Plus le trot est rapide, plus le dos du cheval se fige comme une poutre et les membres exagèrent les mouvements de flexions pour re-passer en avant, vont chercher le sol loin devant et poussent loin derrière, en force, c'est pourquoi il n'est plus raisonnable de trotter au delà de 15 km/h.
  • Le galop pour être économique doit présenter une certaine qualité : il ne doit pas occasionner de déperdition inutile d'énergie sur l'axe vertical : pas de rassembler, peu de rondeur, peu de bascule, mais de la souplesse, comme une ondulation horizontale. Dans ce geste, le cheval se juge, c'est-à-dire que le postérieur qui attaque la foulée vient se poser à peu près dans la trace de l'antérieur qui a quitté le sol en dernier (ou peu après). C'est un geste qu'il faut se mettre dans l'œil en observant les cavaliers de haut niveau, et retravailler chez soi à l'aide d'une vidéo. Certains chevaux sont a priori plus à l'aise au trot : il faut leur apprendre à galoper ainsi, à cadence lente et régulière, dans un galop souple et un équilibre horizontal, par un travail de "rendre et reprendre" en exigeant que le cheval s'équilibre au galop, car en général ces chevaux trotteurs ne galopent qu'à vitesse élevée et en perte d'équilibre et repassent au trot dès que la vitesse diminue. Cela demande 2 à 3 séances de travail. Le cheval qui a appris à galoper de cette façon s'économise et ses transitions, devenues fluides car sans accélération et sans perte d'équilibre, sont également économiques. Si on ne dispose pas d'une plage, les allées forestières plates, souples et sûres permettent de travailler la qualité du galop. Les légères montées conviennent aussi, mais le galop en descente est à proscrire à l'entraînement. Notons que cette qualité de galop, souple et sans frapper du sol, permet de galoper sur le macadam sans problème.
  • Le pas est une allure de récupération, de musculation et de stretching (à condition de marcher activement). Elle demande beaucoup au cheval malgré la faible vitesse, car les membres jouent successivement donc chaque membre supporte seul à son tour tout le déplacement du cheval.
  • La cadence du galop (comme celle du trot d'ailleurs) doit toujours être basse, car la fréquence cardiaque lui est proportionnelle. Si on veut aller plus vite, c'est l'amplitude qu'il faudra augmenter. Au galop à 16 km/h, un cheval de taille moyenne réalise environ 105 foulées par minutes (au trot, 95). Il est profitable de s'entraîner à compter le nombre de foulées par minute pour se mettre dans l'oreille la musique du galop qu'il faut rechercher.

 

Retour au Sommaire